On pourrait croire que la série A de Samsung ne fait que se répéter d’année en année, en modifiant quelques détails sans vraiment chambouler l’expérience. Pourtant, ce duel entre le Galaxy A15 5G et le Galaxy A16 5G révèle quelques différences intéressantes. Le design conserve sa ligne minimaliste, les composants restent modestes, mais sous la surface, l’arrivée d’un processeur Exynos et de nouveaux ajustements logiciels pourrait bien faire pencher la balance.
Il ne s’agit pas ici d’un bouleversement spectaculaire, mais d’une évolution mesurée, réfléchie, presque stratégique. Samsung semble vouloir faire évoluer doucement sa gamme d’entrée, en injectant un peu plus de maturité sans brusquer les utilisateurs. Alors, est-ce suffisant pour faire oublier le modèle précédent ? Est-ce que la nouveauté justifie vraiment le changement ? Pour le savoir, nous avons scruté chaque détail, chaque geste, chaque réaction de ces deux smartphones.
Design épuré et format légèrement revu

À première vue, difficile de distinguer les deux modèles sans prêter attention aux dimensions. Le A16 5G s’allonge un peu, avec un écran de 6,7 pouces contre 6,5 pour le A15, tout en s’affinant avec une épaisseur réduite à 7,9 mm. Ce petit changement modifie subtilement la prise en main, rendant le téléphone plus confortable et moins massif.
Autre changement visible : le retrait du port jack 3,5 mm sur le A16, une décision dans l’air du temps mais qui impose le tout sans-fil pour les écouteurs. Pour le reste, on retrouve le lecteur d’empreintes intégré au bouton d’alimentation, un dos mat en plastique, et des bordures d’écran encore généreuses, en particulier au niveau du menton.
Pas de révolution esthétique donc, mais une continuité soignée, avec quelques ajustements bienvenus.
Un écran toujours flatteur, sans grande transformation
Samsung continue de miser sur la technologie Super AMOLED, et c’est tant mieux. Le A16 conserve la même définition Full HD+ et le taux de rafraîchissement de 90 Hz que son prédécesseur, avec une dalle légèrement plus grande. En utilisation quotidienne, les différences sont peu marquées, mais la luminosité semble un brin mieux maîtrisée, les contrastes légèrement plus équilibrés.
Même si les valeurs mesurées tournent autour de 740 nits pour les deux, le rendu à l’œil est un peu plus doux sur le A16, et les bordures paraissent légèrement affinées. Rien de spectaculaire, mais un petit gain en lisibilité, particulièrement en extérieur.
Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est le plaisir d’avoir un écran AMOLED dans cette gamme. Un point fort inchangé, mais encore appréciable.
Un nouveau processeur pour une réactivité en progrès

Le plus gros changement matériel vient du cœur du téléphone. Samsung remplace le MediaTek Dimensity 6100+ par son propre Exynos 1330, gravé en 5 nm. En conditions réelles, le résultat est palpable : les applications s’ouvrent plus vite, les transitions sont plus fluides, et les petits ralentissements qu’on pouvait sentir sur le A15 sont moins fréquents.
Malgré cela, les deux modèles partagent la même quantité de mémoire vive, soit 4 Go de RAM. Et c’est là que les limites apparaissent. Dès que plusieurs applications tournent en arrière-plan, le système ralentit, les temps de chargement augmentent.
Pour des tâches simples comme la navigation, les réseaux sociaux ou le streaming vidéo, le A16 tient bon. Mais dès qu’on veut pousser un peu plus loin, les performances restent modestes.
Une interface maîtrisée, inchangée mais efficace
Aucun bouleversement côté logiciel. Les deux téléphones fonctionnent sous One UI 6, basé sur Android 14. L’expérience reste fidèle à elle-même : simple, fluide, intuitive. Les menus sont bien organisés, les animations discrètes, les options nombreuses sans être envahissantes.
On retrouve les classiques de Samsung comme Wallet, Smart Switch, ou les outils de personnalisation Galaxy Themes. Rien de neuf donc, mais une stabilité rassurante, particulièrement bienvenue sur l’entrée de gamme.
Pour une utilisation quotidienne sans prise de tête, One UI reste un modèle du genre.
Photo : peu de changements, sauf dans l’approche

Matériellement, rien ne bouge. Capteur principal de 50 mégapixels, ultra-grand-angle de 5 MP, capteur macro de 2 MP… exactement les mêmes composants. Mais en pratique, les photos ne sortent pas identiques.
Le A16 adopte un traitement plus neutre, avec des couleurs plus froides, parfois plus fidèles mais moins flatteuses. Là où le A15 réchauffait les teintes, saturait légèrement pour embellir les clichés, le A16 préfère une approche plus réaliste.
En portrait, ce choix divise. Les contours sont un peu mieux gérés, mais les visages perdent en éclat. Pour les selfies, le capteur frontal de 13 MP reste identique, mais là encore, la colorimétrie change, donnant un ton plus clinique aux images.
En vidéo, un avantage pour le A16 qui permet de basculer d’un capteur à l’autre en cours d’enregistrement. C’est léger, mais appréciable pour varier les prises de vue.
Autonomie en légère baisse, malgré la même batterie
Les deux smartphones embarquent une batterie de 5 000 mAh, accompagnée d’une charge rapide de 25 W. Sur le papier, aucune différence. Mais à l’usage, le A16 semble un peu plus gourmand.
L’écran plus grand et le nouveau processeur Exynos consomment davantage. Résultat : entre 30 et 45 minutes d’autonomie en moins selon les usages. Rien de dramatique, mais sur une journée intense, cela peut jouer.
Le A15 offre donc une endurance légèrement meilleure, notamment en veille ou lors d’une utilisation modérée.
Une section audio qui évolue timidement

Pas de révolution ici non plus. Le son reste mono, diffusé depuis un unique haut-parleur situé sur la tranche inférieure. Mais la qualité s’améliore sensiblement sur le A16 : le volume est plus équilibré, les aigus moins agressifs, les voix mieux mises en avant.
La disparition de la prise jack peut frustrer certains, mais le Bluetooth reste stable et la qualité audio reste correcte avec des écouteurs sans fil.
Pour les usages de base – appels, vidéos courtes, messages vocaux – cela suffit largement.
Conclusion : le Galaxy A16 5G apporte une modernisation discrète mais réelle
Dans ce face-à-face générationnel, le Samsung Galaxy A16 5G s’impose comme une évolution modérée mais justifiée du A15. Pas de révolution, mais une série de petites améliorations qui, mises bout à bout, offrent une expérience plus fluide, plus agréable, un peu plus actuelle.
L’écran légèrement plus lumineux, le nouveau processeur, la gestion logicielle plus neutre en photo et la meilleure calibration audio donnent à ce modèle une allure plus maîtrisée. Mais il n’éclipse pas totalement son prédécesseur. Le A15 reste un téléphone équilibré, plus économe en énergie, avec un traitement d’image parfois plus flatteur et des performances similaires dès que l’on dépasse les tâches de base.
Pour ceux qui cherchent un smartphone simple, efficace, et toujours à l’aise dans les usages quotidiens, les deux modèles feront le job. Mais si l’on souhaite un peu plus de fluidité, de confort visuel, et une interface légèrement plus mature, le A16 représente un pas en avant mesuré… mais bien réel.


