L’envie d’avoir une montre connectée sérieuse, qui accompagne chaque moment de la journée, ne se résume plus à une affaire de gadgets ou de notifications au poignet. On attend désormais de ces objets qu’ils suivent le rythme sans faiblir, qu’ils soient à la hauteur d’un footing comme d’un rendez-vous, d’un réveil en douceur comme d’une journée intense. Et quand deux modèles se présentent avec des fiches techniques presque jumelles, la réflexion se corse. La Xiaomi Watch 2 et la Xiaomi Watch 2 Pro semblent, à première vue, jouer la même partition. Pourtant, les nuances apparaissent dès qu’on les porte, les utilise, les confronte aux exigences du quotidien.
Sous leurs airs de jumelles, ces deux montres incarnent des philosophies différentes : l’une vise l’équilibre, l’autre cherche à impressionner. Et entre confort, autonomie, fonctions avancées et usage réel, ce qui compte vraiment n’est pas toujours ce que l’on croit.
Design et ressenti : deux matières, deux sensations

L’apparence ne dit pas tout, mais elle influence la manière dont on vit l’objet. Avec son boîtier en acier inoxydable, la Watch 2 Pro affiche une allure sérieuse, presque solennelle. Les finitions sont nettes, le style plus marqué. En face, la Watch 2 opte pour l’aluminium, plus discret, plus léger, plus facile à porter au fil des heures.
La différence se ressent immédiatement. Le poids supplémentaire de la version Pro finit par gêner, surtout lorsqu’on bouge, qu’on transpire ou qu’on la garde la nuit. À l’inverse, la Watch 2 standard épouse mieux le poignet, au point de se faire oublier.
Autre détail qui distingue les deux : la présence d’une couronne rotative sur le modèle Pro. C’est élégant, certes, mais dans les faits, les deux boutons de la Watch 2 suffisent largement à naviguer dans l’interface. Rien de révolutionnaire côté ergonomie.
Puissance embarquée : une parfaite égalité
À l’intérieur, aucune surprise. Les deux montres tournent avec le même processeur Snapdragon W5+ Gen 1, épaulé par 2 Go de RAM et 32 Go de stockage. Ce qui garantit une expérience fluide dans la plupart des usages.
Lancer une application, consulter une carte, écouter de la musique ou suivre un entraînement se fait sans accroc. Même en multitâche, aucune latence notable ne vient gâcher l’expérience. Sur ce point, inutile de chercher la supériorité du modèle Pro : les deux montres offrent la même réactivité.
Wear OS : riche mais encore perfectible

Les deux modèles embarquent Wear OS 3.5, agrémenté de la surcouche MIUI Watch. Google Maps, Wallet, Assistant, Gmail, Spotify ou WhatsApp sont bien présents, ce qui permet de retrouver un véritable écosystème au poignet. Et ça fonctionne, globalement, très bien.
Cependant, quelques lenteurs dans les menus, des notifications capricieuses ou une interface parfois trop chargée rappellent que Xiaomi a encore du travail côté optimisation. Et l’absence de mise à jour vers Wear OS 4 (et l’incertitude autour de Wear OS 5) laisse un léger flou sur la durée du support logiciel.
Activité physique : un socle commun, sans réelle spécialisation
Difficile de départager les deux modèles ici, car le suivi sportif est rigoureusement identique. Même GPS double bande, même capteur cardio, même panel de plus de 150 activités disponibles.
Les fonctions santé couvrent les besoins de la plupart des utilisateurs : sommeil, stress, SpO2, fréquence cardiaque, suivi menstruel. Mais il ne faut pas s’attendre à un suivi ultra détaillé ou professionnel. Le GPS est rapide à fixer, mais manque parfois de précision dans des environnements complexes. Le capteur cardio, lui, reste fiable à intensité modérée mais perd en cohérence lors d’efforts fractionnés.
En résumé : de quoi suivre sa forme, pas de quoi planifier un entraînement de haut niveau.
Composition corporelle : une exclusivité, sans impact décisif

La Watch 2 Pro tente de se distinguer avec un capteur BIA, destiné à mesurer la composition corporelle. Masse grasse, taux d’eau, métabolisme de base : sur le papier, c’est séduisant.
Mais dans la pratique, les résultats sont très variables d’un jour à l’autre. Le capteur donne une tendance générale, sans offrir de fiabilité suffisante pour suivre une évolution fine. C’est une fonction bonus, pas un outil de santé fiable.
Et surtout, la Watch 2 classique vit très bien sans cette option.
Autonomie : au-dessus des attentes pour Wear OS
Sur ce point, Xiaomi a bien fait les choses. Que ce soit avec la Watch 2 ou la Pro, l’autonomie dépasse les standards habituels de Wear OS. En usage mixte, avec écran toujours allumé et quelques séances sportives, on atteint aisément deux jours et demi. En désactivant l’Always-On, trois à quatre jours deviennent possibles.
La recharge rapide complète le tableau : environ 45 minutes suffisent pour repartir à bloc. Une belle surprise qui permet de ne pas se soucier de la batterie tous les soirs.
Connectivité : un argument en faveur du Pro, mais pour qui ?
Seule la Watch 2 Pro propose une version LTE avec eSIM. Cela permet de téléphoner, recevoir des messages ou streamer de la musique sans le smartphone.
C’est utile… dans certains cas bien précis. Mais pour la majorité des utilisateurs, le Bluetooth reste largement suffisant, et l’intérêt de la version 4G s’avère souvent marginal. Une option qui s’adresse à une niche d’utilisateurs réellement mobiles ou très connectés.
Expérience au quotidien : légèreté ou présence

Sur une montre pensée pour rester au poignet 24h/24, le confort fait toute la différence. Et c’est là que la Watch 2 standard prend un net avantage. Son poids plume, sa finesse, sa discrétion la rendent agréable en toutes circonstances.
Dormir avec, courir avec, vivre avec : tout paraît plus naturel. À l’inverse, la Pro finit par peser, au propre comme au figuré. Son style plus habillé a un prix en termes d’usage, surtout sur des journées longues ou actives.
Conclusion : la Watch 2 convainc par sa cohérence
La Xiaomi Watch 2 l’emporte grâce à un équilibre parfaitement maîtrisé. Elle offre les mêmes performances que la version Pro, le même système, la même autonomie, tout en étant plus légère, plus agréable à porter et plus accessible au quotidien.
La Watch 2 Pro cherche à en faire plus, mais sans que cela change réellement l’expérience. Son capteur BIA reste gadget, son boîtier plus luxueux devient vite inconfortable, et sa connectivité 4G ne répond qu’à un besoin très spécifique. Le surpoids matériel ne se justifie pas par un gain fonctionnel.
Dans un usage réel, au jour le jour, c’est la simplicité et la légèreté de la Watch 2 qui séduisent. Elle ne promet pas plus qu’elle n’offre, et ce qu’elle propose, elle le fait bien. Si l’objectif est d’avoir une montre connectée fluide, autonome, complète et agréable à vivre, alors la Watch 2 s’impose naturellement comme le choix le plus judicieux.


