Entre la Samsung Galaxy Tab S11 de 11 pouces et la Samsung Galaxy Tab S11 Ultra de 14,6 pouces, le choix ne se résume pas à une simple question de taille : tu le sens dès que tu prends la tablette vingt fois dans la journée, pour lire trois pages, répondre à un message, annoter un PDF ou poser l’écran devant toi pendant une réunion. La première paraît évidente parce qu’elle se manipule vite, sans réfléchir. La seconde impressionne parce qu’elle donne presque envie de travailler autrement, avec plus d’espace, plus de fenêtres, plus d’ambition. Le piège, c’est que les deux partagent une grosse partie de leur ADN : puissance, stylet, DeX, Galaxy AI, finition premium. Il faut donc regarder ce qui change vraiment dans l’usage, pas seulement ce qui brille dans la fiche technique.
Format et prise en main : la S11 s’attrape, l’Ultra s’installe
Le premier écart se voit avant même d’allumer l’écran. Avec ses 11 pouces, la Galaxy Tab S11 garde ce côté grand carnet que l’on sort sans calculer : dans un train, sur un canapé, au bord d’un bureau déjà encombré. Son poids de 469 g en Wi-Fi aide beaucoup, car la version compacte se manipule plus librement dans les petits moments du quotidien, sans donner l’impression de déplacer un vrai poste de travail. Pour lire, prendre des notes rapides ou tenir la tablette à une main quelques minutes, elle paraît tout de suite plus naturelle.
La Galaxy Tab S11 Ultra joue une autre partition. Elle est plus fine, avec 5,1 mm contre 5,5 mm, mais ses 14,6 pouces changent complètement la gestuelle. On ne la prend pas seulement, on lui fait de la place. Les 692 g de la version Wi-Fi ne sont pas excessifs pour une grande tablette, pourtant son immense surface transforme chaque usage prolongé en expérience posée, surtout dès qu’il faut écrire, dessiner ou afficher plusieurs contenus. Dans les mains, elle fatigue plus vite. Sur une table, elle prend tout son sens.
Bonne nouvelle, aucune des deux ne donne une impression fragile ou approximative. Les deux modèles profitent d’un châssis Armor Aluminum, d’une certification IP68 et de coloris gris ou argent. Le ressenti reste haut de gamme dans les deux cas, mais la petite S11 inspire davantage l’usage spontané, là où l’Ultra réclame un minimum d’installation. Ce n’est pas un défaut : c’est une manière différente de vivre la tablette.
Écran : 11 pouces très confortables, 14,6 pouces beaucoup plus ambitieux
L’affichage ne crée pas une hiérarchie simple entre bon et mauvais. La Galaxy Tab S11 dispose déjà d’un écran Dynamic AMOLED 2X jusqu’à 120 Hz, avec un pic annoncé à 1 600 nits et 1 000 nits en mode haute luminosité. En clair, la tablette de 11 pouces ne donne jamais l’impression d’un modèle sacrifié, même lorsqu’on regarde une série, un document dense ou une application créative. Les contrastes, la fluidité et la luminosité sont là.
Ce que l’Ultra ajoute, ce n’est pas seulement plus grand. C’est plus respirable. Les 14,6 pouces permettent d’afficher une double page sans plisser les yeux, une timeline plus aérée, un dessin avec davantage de place autour, ou deux fenêtres sans sensation de compromis permanent. Pour le multitâche, le grand écran change moins la qualité d’image que la manière d’organiser son travail, et c’est précisément ce qui peut faire basculer l’usage vers quelque chose de plus sérieux.
Reste un point très concret : plus grand ne veut pas dire plus agréable partout. Sur une petite table, dans un sac chargé ou au lit, l’Ultra peut paraître encombrante. La S11 garde une vraie douceur d’utilisation, parce que son écran suffit largement aux usages mobiles tout en restant physiquement reposant. Elle se consulte plus vite, se tourne plus facilement et impose moins de contraintes. L’Ultra impressionne davantage ; la S11 se fait oublier plus facilement.
Il y a donc deux conforts différents. Le confort visuel pur penche vers l’Ultra, surtout pour les longues sessions créatives ou productives. Le confort corporel, lui, reste plus favorable à la S11. Et dans une journée réelle, où l’on alterne lecture, messages, notes, vidéo et déplacement, cette différence compte plus qu’un simple chiffre de diagonale.
Performances et stockage : même base puissante, réserve plus large sur l’Ultra
Ici, Samsung évite la frustration classique du petit modèle bridé. Les deux tablettes utilisent le MediaTek Dimensity 9400+, ce qui signifie que les tâches courantes, les applications lourdes, le jeu et le multitâche reposent sur une base commune très solide. Dans l’usage, la Galaxy Tab S11 conserve la même sensation de puissance immédiate que sa grande sœur, sans ce petit arrière-goût de version réduite pour faire joli dans la gamme.
La différence se joue dans la marge. La S11 propose 12 Go de mémoire vive et un stockage de 128, 256 ou 512 Go. L’Ultra peut monter à 16 Go de RAM et 1 To de stockage, avec un départ déjà plus généreux à 256 Go. Pour une utilisation légère ou polyvalente, ça ne change pas tout. Mais dès que les fichiers s’accumulent, que les calques se multiplient ou que les fenêtres restent ouvertes en permanence, la réserve supplémentaire de l’Ultra rassure davantage sur les gros projets.
Les deux acceptent une carte microSD jusqu’à 2 To, et ce détail reste précieux. Il permet d’éviter de tout faire dépendre du stockage interne, surtout pour les vidéos, les documents lourds ou les bibliothèques créatives. La S11 garde donc une belle souplesse, même en version plus modeste. Elle n’a pas besoin d’être l’Ultra pour tenir sérieusement la route.
Pour jouer longtemps, le format 11 pouces peut même être plus plaisant. On tient mieux la tablette, on la déplace plus facilement, on subit moins l’envergure de l’écran. En création ou en productivité avancée, en revanche, l’Ultra profite de son stockage maximal et de sa RAM optionnelle plus élevée, surtout si elle sert de machine principale. Même processeur, oui. Même sensation de liberté dans les usages lourds, pas tout à fait.
S Pen, DeX et Galaxy AI : les mêmes outils, pas le même espace pour les utiliser
Sur les fonctions intelligentes et créatives, l’écart paraît d’abord mince. Les deux modèles intègrent le S Pen, One UI 8, Galaxy AI, Samsung DeX et des mises à jour annoncées jusqu’à 7 générations Android. Le nouveau stylet adopte une forme hexagonale plus proche d’un crayon, avec une pointe pensée pour mieux gérer l’inclinaison. À noter tout de même : le S Pen Bluetooth n’est pas pris en charge sur cette génération. Malgré cela, les deux tablettes offrent la même boîte à outils essentielle pour noter, annoter, dessiner et corriger.
La vraie nuance arrive quand on ouvre plusieurs fenêtres. Sur la S11, DeX reste utile, propre, pratique pour rédiger un texte, consulter un navigateur ou gérer quelques documents. Mais l’espace impose vite de faire des choix. Sur l’Ultra, les panneaux respirent mieux, les fenêtres se chevauchent moins et les applications restent lisibles côte à côte. Dans ce contexte, le format 14,6 pouces rend DeX beaucoup plus crédible comme environnement de travail, surtout avec le mode étendu sur deux écrans et les quatre espaces de travail personnalisables.
Galaxy AI, Gemini, Circle to Search, Writing Assist ou Drawing Assist profitent aussi de cette différence d’espace. La S11 les rend accessibles partout, dans une logique rapide et mobile. L’Ultra les installe dans une routine plus ambitieuse : prendre des notes, résumer, chercher, dessiner, comparer des documents. Ce ne sont pas des fonctions différentes, mais leur confort d’utilisation devient nettement plus convaincant quand l’écran laisse de la place autour.
Rien n’oblige pourtant à voir l’Ultra comme la seule option sérieuse. Pour les cours, les réunions, les annotations rapides ou les déplacements, la S11 a une vraie cohérence. Elle sort plus vite, se range plus vite, gêne moins. Mais pour remplacer ponctuellement un ordinateur portable léger, la grande version paraît plus solide. Android garde ses limites, bien sûr, mais avec un tel écran, DeX cesse de ressembler à un bonus expérimental et devient un vrai argument.
Photo, visio et son : l’Ultra ajoute de la souplesse, la S11 garde l’essentiel
Une tablette premium n’a pas besoin de remplacer un smartphone pour la photo. La Galaxy Tab S11 embarque déjà un capteur arrière de 13 MP et une caméra avant ultra grand-angle de 12 MP, de quoi scanner un document, montrer un objet pendant un appel ou participer à une réunion vidéo. Dans ce cadre, la S11 couvre sans difficulté les besoins photo et visio les plus courants, sans prétendre devenir l’appareil principal pour capturer ses souvenirs.
L’Ultra ajoute un ultra grand-angle arrière de 8 MP. Ce n’est pas une transformation spectaculaire, mais cela peut aider pour cadrer une grande feuille, une maquette, un tableau blanc ou une pièce sans devoir reculer exagérément. Pour un usage créatif ou professionnel, ce second capteur donne simplement plus de marge dans les captures difficiles, ce qui correspond bien à son positionnement plus orienté bureau mobile.
En visio, l’avantage de l’Ultra vient surtout de l’écran. Voir les participants, garder des notes ouvertes, suivre une présentation et répondre à un message devient moins serré. La S11 reste plus facile à poser sur un petit support, mais la grande tablette se comporte davantage comme une station de réunion portable, surtout lorsque les appels durent et que plusieurs documents restent ouverts en même temps.
Côté audio, les deux modèles disposent de quatre haut-parleurs. Pour regarder une vidéo, écouter une conférence ou suivre un cours, l’expérience reste ample et propre des deux côtés. L’Ultra profite naturellement de son format plus immersif, tandis que la S11 garde une polyvalence plus simple. Encore une fois, l’écart vient moins de la qualité brute que de la place disponible autour de l’usage.
Autonomie et recharge : l’Ultra dure plus, la S11 se transporte mieux
La batterie résume assez bien la philosophie des deux tablettes. La Galaxy Tab S11 reçoit une capacité de 8 400 mAh, tandis que la Galaxy Tab S11 Ultra monte à 11 600 mAh. Les deux acceptent la recharge filaire 45 W, avec un chargeur inclus ou non selon les marchés. Samsung annonce jusqu’à 18 h de lecture vidéo pour la S11 et jusqu’à 23 h pour l’Ultra. Dans les longues journées, l’Ultra offre une endurance annoncée plus confortable pour travailler ou regarder du contenu sans surveiller la prise.
Ce supplément d’autonomie a du sens parce que la grande tablette vise justement les sessions longues. Montage léger, dessin, DeX, vidéo, documents ouverts : son format pousse à rester dessus plus longtemps. Le grand écran consomme aussi davantage, mais la batterie plus généreuse compense largement dans les chiffres annoncés. Pour quelqu’un qui veut une tablette principale, les 11 600 mAh apportent une vraie tranquillité sur les usages soutenus.
La S11 conserve pourtant un avantage moins spectaculaire, mais très réel : elle suit plus facilement. Une tablette plus légère et plus compacte sort plus souvent du sac, se pose plus vite dans un train, se recharge parfois de manière plus opportuniste. Sa moindre endurance annoncée ne l’empêche pas d’être très adaptée à une journée mobile. Dans ce cas, la praticité du format 11 pouces peut compter autant que les heures supplémentaires de l’Ultra.
La recharge 45 W reste bienvenue sur les deux modèles, même si les grosses batteries ne se remplissent pas instantanément. L’Ultra demande un peu plus d’organisation, mais récompense par une meilleure durée loin de la prise. La S11, elle, mise sur une forme de légèreté mentale : moins de place, moins de poids, moins de préparation. Deux logiques, encore une fois, plus qu’un simple vainqueur technique.
Verdict : l’Ultra change davantage l’expérience, la S11 reste la plus raisonnable
La Galaxy Tab S11 est probablement celle que beaucoup de gens devraient acheter. Elle est plus légère, plus mobile, très puissante, équipée du même processeur, du S Pen, de Galaxy AI et de DeX. Pour lire, jouer, noter, regarder des vidéos et travailler ponctuellement, la version 11 pouces offre le compromis le plus facile à vivre au quotidien.
La Galaxy Tab S11 Ultra gagne pourtant sur l’impact. Son écran de 14,6 pouces transforme le multitâche, rend DeX plus crédible, donne plus d’air au dessin et accompagne mieux les longues sessions. Elle coûte plus cher et se transporte moins naturellement, mais son excès devient utile dès qu’elle remplace vraiment un autre appareil.
Le choix final dépend donc de l’ambition réelle. Pour compléter un ordinateur, la S11 suffit largement. Pour faire de la tablette un espace principal de travail, de création et de divertissement, la Galaxy Tab S11 Ultra impose plus clairement sa différence. C’est elle qui marque le plus.








